Le Mexique observe un recul des nouveaux cas de grippe A(H1N1)
MEXICO/GENEVE (Reuters) - La plupart des bureaux et des entreprises ont fermé pour cinq jours au Mexique dans l'espoir d'enrayer la progression de l'épidémie de grippe A(H1N1), alors que les autorités du pays se montrent encouragées par une baisse des nouveaux cas enregistrés.
Le ministre de la Santé José, Angel Cordova, a déclaré que les hôpitaux publics, qui traitent la moitié des malades environ, avaient accueilli 46 patients contaminés jeudi, contre 212 le 20 avril. "C'est encourageant", a-t-il commenté.
Autre motif de réconfort, de nouveaux tests de dépistage du virus vont être distribués aux Etats-Unis et un laboratoire équipé de ces tests a été installé au Mexique, a annoncé le Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) d'Atlanta.
Le Mexique, pays le plus touché par l'épidémie, a annoncé 176 décès imputables à la nouvelle souche du virus H1N1.
Des cas de contamination sont confirmés dans 13 pays à travers le monde. Les derniers ont été signalés au Danemark et à Hong Kong - où un voyageur arrivé du Mexique est le premier porteur vérifié du virus sur le continent asiatique.
Après le Mexique, ce sont les Etats-Unis qui concentrent le plus de cas confirmés (141 dans 19 Etats). Presque tous les cas recensés hors du territoire mexicain ont été jugés bénins et les patients qu'il a fallu hospitaliser sont en petit nombre.
Une seule personne est décédée à l'extérieur du Mexique : un bébé mexicain qu'on avait amené aux Etats-Unis.
En France, aucun cas de grippe A n'est confirmé mais cinq cas probables font l'objet d'examens, a déclaré devant la presse la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Le gouvernement français a décidé "par précaution" de passer au niveau 5 de son plan d'action d'urgence.
VACCIN EFFICACE POSSIBLE, DIT L'OMS
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les experts n'en savent pas encore assez sur le nouveau virus pour déterminer son degré de dangerosité, la rapidité avec laquelle il peut se propager et combien de temps une pandémie éventuelle est susceptible de durer.
Le Dr Marie-Paule Kieny, directrice de l'initiative pour la recherche en vaccinologie de l'OMS à Genève, a déclaré vendredi, sur la base d'analyses, que le vaccin actuel contre la grippe saisonnière aurait sans doute peu d'effet sur le nouveau H1N1.
"Il ne fait pour nous aucun doute qu'un vaccin efficace est possible", a-t-elle cependant ajouté en estimant qu'il faudrait quatre à six mois pour que les premières doses soient prêtes. Selon le Dr Kieny, les échantillons nécessaires à la mise au point d'un vaccin pourront être envoyés aux fabricants dans la seconde quinzaine de mai.
Le Dr Kieny a d'autre part déclaré que l'OMS était en discussions avec des laboratoires pharmaceutiques pour déterminer si et à quel moment passer de la production de vaccins contre la grippe saisonnière à celle d'un vaccin contre le nouveau H1N1.
Aucune réunion du comité d'urgence de l'OMS n'était programmée vendredi, ce qui signifie que son niveau d'alerte n'est pas censé être relevé dans l'immédiat du niveau 5 au niveau 6, lequel signifierait une alerte à une pandémie confirmée.
Pour confirmer une pandémie, l'OMS doit acquérir la conviction que le nouveau virus se propage de façon soutenue au sein de communautés extérieures à l'Amérique du Nord.
LE MEXIQUE AU RALENTI
L'Espagne a annoncé qu'un voyageur arrivé du Mexique avait contaminé une autre personne, mais Thomas Abraham, porte-parole de l'OMS, a déclaré à ce sujet : "Nous devons êtres sûrs que (le virus) est réellement implanté dans des communautés, que l'on n'a pas seulement affaire à des cas isolés où un voyageur le transmet à une autre ou deux autres personnes."
L'Allemagne a aussi rapporté qu'une infirmière avait contracté le virus en soignant dans un hôpital bavarois un homme arrivé depuis peu du Mexique.
Les médicaments antiviraux Tamiflu de Roche AG et Relenza de GlaxoSmithKline, connus respectivement sous les désignations génériques d'oseltamivir et de zanamivir, se sont révélés utiles contre le nouveau virus.
Les Etats-Unis ont commencé à envoyer 400.000 doses de traitement au Mexique. Par contraste, la Grèce, qui n'a pourtant signalé à ce jour aucun cas de grippe A(H1N1), a interdit les exportations de Relenza et de Tamiflu.
Le président mexicain Felipe Calderon a demandé à ses compatriotes de rester chez eux du 1er au 5 mai à l'occasion de la fête du Cinco de Mayo, en invitant les entreprises à fermer. Les rues de Mexico étaient beaucoup plus calmes que d'ordinaire.
Le chef de l'Etat a demandé aux supermarchés et aux pharmacies d'assurer une permanence, mais d'autres détaillants tels que le grand magasin Palacio De Hierro, très fréquenté, resteront également ouverts, tout comme nombre de boutiques.
Le Mexique a recensé 2.500 cas suspects de grippe A. Sur les 176 décès attribués à la maladie dans ce pays, seuls une douzaine ont été confirmés, dans des laboratoires américains ou canadiens. Près d'un tiers des corps ont été enterrés avant d'avoir pu donner lieu à des analyses en bonne et due forme.
Le CDC d'Atlanta a toutefois annoncé qu'un laboratoire équipé pour des tests de ce type était maintenant installé au Mexique.
Avec Helen Popper, Bill Berkrot et Deborah Charles ; version française Jean-Philippe Lefief et Philippe Bas-Rabérin
par Catherine Bremer Source http://fr.reuters.com
Publié le vendredi, mai 1 2009, par jj jmp dans la catégorie : Annonces - Lien permanent